L’Allemagne poursuit la diversification de ses fournisseurs de gaz. En déplacement à Alger, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a affiché l’intérêt de Berlin pour des accords à long terme avec l’Algérie.
Cette volonté intervient dans un contexte énergétique toujours incertain. Depuis l’invasion de l’Ukraine, l’Allemagne a considérablement réduit sa dépendance à l’énergie russe et ne reçoit désormais plus de gaz en provenance de Russie, selon le ministre.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz sont venues ajouter une nouvelle source d’incertitude en contribuant à la hausse des prix de l’énergie. Face à ces risques géopolitiques, Berlin cherche donc à multiplier les possibilités d’approvisionnement.
L’Algérie considérée comme un partenaire de long terme
Avant une rencontre avec le ministre algérien des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, Johann Wadephul a souligné la nécessité pour l’Allemagne de disposer de contrats permettant de sécuriser ses importations sur plusieurs années.
Le responsable allemand a indiqué espérer que l’Algérie puisse fournir à l’avenir une partie des volumes nécessaires au pays. Il a également évoqué des échanges encourageants avec Alger ainsi qu’avec la Tunisie, où il s’était rendu la veille.
Pour les pays d’Afrique du Nord, un renforcement des relations avec Berlin permettrait également de consolider leurs liens économiques avec la première économie européenne.
Des stocks allemands remplis à seulement 53 %
L’urgence allemande s’explique notamment par le niveau actuel des réserves. Les installations de stockage du pays sont remplies à environ 53 %, selon les données de la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI).
À l’échelle de l’Union européenne, le taux moyen atteint environ 65 %. L’Allemagne affiche donc un retard important à l’approche de la période durant laquelle la consommation augmente traditionnellement.
Cette situation ravive les interrogations sur la capacité du pays à disposer de réserves suffisantes pour l’hiver, mais également sur l’impact qu’un remplissage tardif pourrait avoir sur les prix.
Depuis la crise énergétique de 2022, Berlin impose des seuils minimaux aux exploitants des installations souterraines de stockage afin de limiter les risques de pénurie.
L’objectif de 80 % au 1er novembre sous pression
La plupart des sites allemands doivent actuellement atteindre un taux de remplissage d’au moins 80 % au 1er novembre. Ces obligations ont toutefois été assouplies en 2025.
Depuis la rupture avec le gaz russe, l’Allemagne a en effet développé de nouvelles infrastructures, notamment des terminaux permettant d’importer du gaz naturel liquéfié. La diversification des fournisseurs a également contribué à réduire certains risques d’approvisionnement.
Mais compte tenu du niveau actuel des réserves, atteindre les objectifs fixés pourrait s’avérer difficile pour plusieurs installations.
Si les seuils réglementaires ne sont pas respectés, les pouvoirs publics disposent de la possibilité d’intervenir afin d’imposer le remplissage des stocks. Un scénario qui comporte également un risque financier.
Les capacités de stockage étant largement exploitées selon des logiques commerciales par des acteurs privés, une intervention tardive de l’État pourrait contraindre celui-ci à acheter d’importantes quantités de gaz à un moment où les cours seraient élevés.
La recherche de contrats de long terme avec l’Algérie répond ainsi à un double objectif pour Berlin : réduire son exposition aux crises internationales tout en sécurisant davantage son approvisionnement énergétique pour les prochains hivers.






