Le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique va de nouveau évoluer. Un arrêté publié au Journal officiel prévoit de modifier le coefficient utilisé pour prendre en compte la consommation d’électricité dans le DPE et les audits énergétiques.
À compter du 1er janvier 2027, ce facteur de conversion passera de 1,9 à 1,7. Une évolution qui intervient seulement un an après une première diminution importante, puisque le coefficient avait déjà été ramené de 2,3 à 1,9 au début de l’année 2026.
Concrètement, ces changements rendent progressivement le DPE plus favorable aux logements fonctionnant à l’électricité et réduisent l’écart avec ceux chauffés au gaz.
Pourquoi ce coefficient est-il important ?
Le DPE ne repose pas uniquement sur la quantité d’énergie effectivement consommée par un logement. Pour l’électricité, un coefficient de conversion est appliqué afin de passer de l’énergie finale utilisée par le consommateur à l’énergie primaire nécessaire à sa production.
Historiquement, ce mécanisme pénalisait davantage l’électricité. Avec un coefficient de 2,3, chaque unité d’électricité consommée pesait ainsi beaucoup plus lourd dans le calcul de la performance énergétique du logement.
Le gaz naturel bénéficie pour sa part d’un coefficient de 1.
En abaissant progressivement celui de l’électricité, le gouvernement rapproche donc le traitement des deux énergies. Pour certains logements équipés de radiateurs électriques ou d’autres systèmes utilisant cette énergie, la conséquence pourra être directe : une meilleure étiquette DPE.
Environ 300 000 résidences principales pourraient sortir du statut de passoire
La réforme devrait avoir des conséquences importantes sur le nombre de logements considérés comme des passoires énergétiques.
D’après l’étude d’impact transmise au Conseil supérieur de l’énergie, le passage du coefficient de 1,9 à 1,7 pourrait réduire d’environ 10 % le nombre de passoires énergétiques parmi les résidences principales.
Près de 300 000 logements pourraient ainsi ne plus appartenir aux deux catégories les moins performantes du DPE. Environ 200 000 seraient actuellement classés F et 100 000 classés G.
Dans le seul parc locatif privé, environ 125 000 logements pourraient sortir du statut de passoire énergétique, ce qui représenterait une diminution de l’ordre de 14 %.
Cette nouvelle évolution vient s’ajouter aux effets de la réforme précédente. Le passage du coefficient de 2,3 à 1,9 aurait déjà permis à environ 275 000 logements locatifs privés de ne plus être considérés comme des passoires.
Une meilleure note sans nécessairement réaliser de travaux
Pour les propriétaires concernés, la modification est particulièrement importante puisque l’amélioration du classement résultera du changement de méthode de calcul et non d’une rénovation du logement.
Un bien aujourd’hui classé F ou G pourrait donc obtenir une meilleure étiquette après l’entrée en vigueur du nouveau coefficient, à caractéristiques et consommation identiques.
L’enjeu dépasse la simple valeur informative du diagnostic. Le DPE occupe désormais une place centrale dans la politique française du logement, notamment pour déterminer les conditions dans lesquelles certains biens peuvent être proposés à la location.
La sortie des catégories F ou G peut donc avoir des conséquences importantes pour les propriétaires bailleurs, en particulier dans le contexte du calendrier d’interdiction progressive de location des logements les moins performants.
Le gouvernement veut accélérer l’électrification des bâtiments
Cette réforme répond également à un objectif énergétique plus large. Le gouvernement souhaite favoriser l’utilisation de l’électricité dans les bâtiments afin de réduire progressivement la dépendance aux énergies fossiles.
Dans cette logique, maintenir un coefficient nettement supérieur pour l’électricité pouvait apparaître contradictoire avec la volonté d’encourager l’électrification des usages.
La Fédération des industries électriques et numériques (FIEEC) accueille favorablement cette évolution. Elle estime que le système actuel continue de désavantager l’électricité par rapport au gaz et considère la baisse du coefficient comme une étape supplémentaire vers un traitement plus équilibré des différentes sources d’énergie.
L’organisation souhaite d’ailleurs aller plus loin et demande davantage d’équivalence entre l’électricité et le gaz, notamment en matière fiscale.
La réforme du DPE prévue pour 2027 poursuit ainsi un double objectif : modifier la manière dont la performance énergétique des logements électriques est évaluée et accompagner la stratégie nationale d’électrification. Pour plusieurs centaines de milliers de propriétaires, elle pourrait surtout se traduire par une amélioration automatique de l’étiquette énergétique de leur logement.





