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Avec l'USA et l'Australie, le marché du gaz naturel entre en pleine mutation

Gaz naturel USA Australie
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Avec l'arrivée future programmée et annoncée du gaz naturel liquéfié en provenance des Etats-Unis et de l'Australie, le marché mondial entre dans une nouvelle ère. Certains spécialistes planchent sur une unification du marché mondial.      

Alors que la Russie ou encore le Qatar continuent à l'heure actuelle d'être des leaders sur le marché européen et mondial de la vente de gaz naturel, l'Australie et les Etats-Unis vont également s'inviter dans les toutes premières places du podium et changer considérablement la face du marché international. Et ce sur trois aspects majeurs : l'offre, les prix et la dépendance européenne à l'égard du gaz russe.

Les cartes de l'offre mondiale vont en effet être profondément redistribuées par ces deux pays producteurs.

Les Etats-Unis sont en pleine mise sur pied de cinq gigantesques usines de liquéfaction de gaz en vue d'exporter abondamment leur GNL en Europe comme en Asie (Japon, Chine entre autre). Ces 5 infrastructures de premier plan permettront d'ici la fin de l'année 2018 à peine de produire 65 millions de tonnes de GNL par an, soit "l'équivalent d'un nouveau Qatar" comme le souligne un industriel du secteur.   

L'Australie quant à elle n'est pas en reste question production future avec plusieurs projets d'exploitation de gisements de tout premier plan qui permettront de produire quelques 60 millions de tonnes de gaz naturel par année à partir de 2020.

Une baisse des prix et une baisse de la dépendance russe

Une telle abondance de gaz naturel à venir ne pourra que changer bénéfiquement le marché européen et mondial, le fluidifier, le dynamiser, intensifier la concurrence sur les prix bien entendu. A l'heure actuelle, les tarifs sont nettement différents selon la zone de production du gaz : il vaut ainsi 6,5 dollars par million de BTU (British Thermal Unit, soit l'unité de référence) en Asie contre 4,7 dollars en Europe et 2,4 dollars aux Etats-Unis. Ces écarts de prix importants sont donc appelés à se resserrer sous l'effet d'une guerre commerciale initiée bientôt donc par les USA et l'Australie. Un économiste de chez Engie, le gazier français, confirme ainsi cette tendance future : "compte tenu des nouvelles productions de GNL à venir, les différences de prix entre les trois grands marchés auront tendance à s’estomper à l’horizon 2019".

Dans le même temps, l'Europe pourra enfin commencer à se défaire de l'emprise du gaz russe, comme elle cherche à le faire depuis quelques temps déjà. Car en s'appuyant uniquement sur les chiffres de production de gaz US, l'Europe pourrait ainsi remplacer 20% de ses besoins en gaz en s'adressant à l'Oncle Sam plutôt qu'à Gazprom. Aussi, si le gaz continue de représenter un intérêt économique en comparaison avec le charbon dans la production d'électricité, le GNL américain pourrait même augmenter un peu plus encore sa part de marché auprès des pays européens comme en Angleterre notamment.

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